Archives pour mars, 2010

Patricia Couture-Gurkovska

mercredi, 31 mars 2010

Quand la Terre flashe ses lumières


Alors ? Vous avez éteint vous aussi le 27 mars dernier ? Avez-vous fait partie des quelque dix millions de Canadiens, du près d’un milliard de personnes dans le monde à avoir passé une heure dans le noir ? Cette phénoménale pétition visuelle (voir ici la pub très cheesy pour 2010) contre le réchauffement climatique, d’abord événement local à Sydney en 2007, ne cesse de prendre mondialement de l’ampleur depuis. Initié par le WWF (pas celui avec Hulk Hogan, celui avec le panda) le mouvement a été suivi cette année par plus de 3400 villes de 125 pays. Quelque 371 monuments à travers le monde, parmi lesquels l’Acropole, l’Empire State Building, la tour Eiffel et le Big Ben se sont ainsi retrouvés dans l’obscurité.  A Hong Kong, réputé pour sa baie scintillante, 1.500 bâtiments devaient également couper le courant, a Montréal, Hydro-Québec a éteint le logo de son siège social, le Parlement à Ottawa ainsi que la tour du CN à Toronto ont également mis la switch à off.  Evidemment l’opération a ses nombreux détracteurs, qui estiment ridicule de se donner bonne conscience pendant une heure, et il se trouvera toujours un rabat-joie scientifique danois pour calculer que l’usage de bougies pendant soixante minutes produit davantage d’émissions de gaz carbonique que des lumières électriques. Il faut comprendre que l’objectif est moins de réaliser des économies d’énergie que de symboliser l’engagement de tous dans la lutte contre le dérèglement climatique. Certains voient d’ailleurs le succès de cette année comme une réaction au goût amer laissé par l’échec de Copenhague.

Observer les fenêtres du centre-ville s’éclairer à nouveau à 21h30 me replonge invariablement dans une époque déjà lointaine. En 1996, un humoriste par le truchement de la télé et de la radio persuadait tout le Québec de flasher ses lumières. Le goût amer était alors post-référendaire et on avait soif de distractions débilitantes.  J’habitais alors l’Outaouais québécois,  terreau propice et fertile en amateurs de Mercedes Band, et chaque dimanche, à l’heure dite de JMP, les quartiers résidentiels de Hull crépitaient comme des boules disco. La participation était d’une telle ampleur qu’Hydro-Québec avait même dû prendre des mesures afin d’éviter la surchauffe, le tout dans une atmosphère hilare car à l’époque, jouer avec l’électricité n’était pas un acte militant ni n’avait d’impact CO2. Peut-être même que c’est Jean-Marc Parent qui a inspiré les gens de Sydney et de la World Wildlife Fund. J’ai toujours trouvé qu’il avait une bonne bouille d’animal en voie de disparition.

mc_gagne

vendredi, 26 mars 2010

Préserver les traditions

Renforcer les liens entre les communautés

Les communautés autochtones ont longtemps vu leurs droits bafoués et leurs territoires exploités par des gens venus d’ailleurs. Établis aux quatre coins de la planète depuis des temps immémoriaux, les membres de ces communautés sont aujourd’hui encore très attachés aux traditions et au territoire de leurs ancêtres.

De façon générale, le lien qu’entretiennent les Autochtones avec la nature est très fort. Ainsi, il est souvent difficile pour eux de voir des entrepreneurs d’ailleurs piller leur territoire de ses ressources naturelles et le laisser dans un état de délabrement pour servir des intérêts mercantiles.

Après avoir pris connaissance de cette situation, faites-nous part d’un problème ou d’une solution semblables qui vous préoccupent.

Avez-vous des questions en lien avec le sujet à transmettre directement à notre Artisan ?

Patricia Couture-Gurkovska

lundi, 22 mars 2010

PASSEZ AU SALON

Si vous avez la chance de vous trouver à Paris cette fin-de-semaine, rendez-vous au (gigantissime) Parc des expositions pour visiter le Salon de la consommation durable annoncé comme la plus belle vitrine des produits verts, bio, éthiques et équitables. Le salon lui-même est éco-conçu : les 2 premières éditions du salon ont permis de déployer des initiatives innovantes contribuant à réduire l’impact environnemental de l’évènement : format de location pour les revêtements de sol, utilisation de moquette recyclable pour les stands et allées, pose partielle de revêtement sur le sol (larges surfaces non recouvertes), utilisation de cloisons et mobilier en carton pour les stands équipés, totalité du guide exposant géré en ligne (pas d’impression papier), impression des documents marketing avec des encres sans solvant minéral sur du papier provenant de forêts gérées durablement. De plus, pour la première fois dans le monde des salons, Planète Durable® réalise le bilan carbone© global de la manifestation et initie une action de compensation des émissions résiduelles du salon.

Le seul bémol qu’on pourrait mettre c’est que, bien qu’il ne s’en cache pas, le salon est axé sur la consommation, crée de toutes pièces de nouveaux besoins verts, bref louange le système même qui nous a menés là où nous en sommes. Le monstre n’étant jamais rassasié, la dégradation de la planète est accueillie par plusieurs comme une nouvelle économie, comme les gens de Planète Durable® qui croient que « celle-ci constitue un véritable progrès : celui de consommer non pas moins, mais mieux et ce, avec autant, voire plus de plaisir ! »

Patricia Couture-Gurkovska

lundi, 8 mars 2010

Pour une Année internationale de la tourte

tourte

Ainsi  donc nous avons entamé depuis trois mois l’Année internationale de la biodiversité. Ouch. Pas vraiment une bonne nouvelle. « Depuis 1959, l’ONU désigne des années internationales pour attirer l’attention sur de grandes questions et encourager la collectivité mondiale à se pencher sur des dossiers revêtant de l’importance et ayant des conséquences pour toute l’humanité ». Le fait est que normalement, quand l’ONU nous décrète une année internationale, c’est qu’on vaut pas cher la livre, qu’on fait pitié, qu’on n’est pas mort mais pas fort, que notre cause est quasi désespérée, que ça va mal à shoppe , bref, qu’on est un peu dans la mouise. Souvenez-vous, en 1975,  c’était l’Année de la femme, en 1981, l’Année des personnes handicapées, en 1993 celle des populations autochtones, en 2003 celle de l’eau douce et en 2008 celle de la, euh …pomme de terre, qui invitait probablement tous les Hommes de bonne volonté à ne pas lâcher… la patate… (NDLR : il est 3h00 du mat, et je trouve ça hi-la-rant.)

Mais je m’égare. Si L’Organisation des Nations unies a choisi 2010 pour attirer l’attention sur l’érosion de la diversité biologique, qui mine petit à petit la planète, c’est qu’au rythme actuel, 34 000 espèces de plantes et 5200 espèces animales risquent l’extinction. Il est de ces sujets dont on subodore les abîmes et qu’on préfère ne pas approfondir parce qu’ils nous foutent une déprime monstre. La disparition des espèces est l’un de ceux-là pour moi. On a tous dans notre tête les beaux yeux au beurre noir des derniers pandas en captivité, les têtes blanches écrabouillées des bébés phoques (hon, désolée, ceux-là ne sont pas encore en voie d’extinction. Ca compte pas.) et l’ours polaire amaigri dérivant seul sur son petit bout de banquise. Ce sont les plus médiatisés (et banalisés) et ils font déjà assez mal pour nous passer l’envie de gratter le bobo.  J’avais pas envie de savoir que la tourte, qui avant d’être une tarte était un oiseau, l’oiseau le plus abondant en Amérique du Nord au XIXe siècle,  est complètement disparue de la surface de la Terre, tout comme le grand pingouin ou le canard du Labrador. (Beau document de vulgarisation préparé en 2001 par Découverte)  « Processus prédateurs-proies tout-à-fait naturels » tempéreront certains lettrés, « pas si pire que sa, complot écologist pour faire peur aux mondes» renchériront leurs blogosphéreux cousins consanguins. Et Ban Ki-Moon d’implorer les quelques 100 ministres de l’Ecologie et autres dignitaires réunis à Bali le mois dernier  pour discuter biodiversité, de prendre garde aux climato-sceptiques et à leurs tentatives de dernière minute de saper les négociations.

La tourte n’est plus et on se sent bien tarte. On se raccroche à de salutaires initiatives, comme ces Héros de la biodiversité, qui à l’instar de nos Artisans du changement, continuent d’y croire et d’agir à leur échelle.

Patricia Couture-Gurkovska

mercredi, 3 mars 2010

ELOGE DE LA LENTEUR

Famille Slowmo


Dans la série « On peut jamais avoir la paix » voici une autre raison de culpabiliser : moi qui arpente la Toile frénétiquement pour produire ce blogue, vous qui me lisez en ce moment même  – me lisez-vous ?  Y a quelqu’un ?  Si oui, levez la main, faites du bruit, quelque chose ! – vous et moi, tout chantres de la Green Attitude que nous soyons, sachez que ce faisant, nous polluons. D’accord, on se doutait bien que notre ordinateur devait, comme tout appareil domestique, consommer de l’énergie (calculez ici l’empreinte carbone de votre PC), mais saviez-vous qu’une recherche Google, c’est l’équivalent de 56 kilomètres en voiture et qu’avec ce seul billet, j’en ai « carbonisé » l’équivalent de 8? Selon le groupe d’expert Gartner, les consommations électriques du secteur informatique génèrent 2% des émissions de gaz à effets de serre de la planète, soit autant que le transport aérien (dont je vous reparlerai)…

Qu’à cela ne tienne. Car après le Slow Food et le Slow Travel (dont je vous reparlerai aussi), on a inventé le Slow Surf, ou comment rester branché en naviguant intelligemment, donc en polluant moins. D’aucuns protesteront, moi la première, que leur ordinateur est déjà suffisamment « slow », et oui, c’est un peu grano comme philosophie : «Prendre le temps de profiter, ne pas se précipiter, et aboutir à l’utile sans se perdre dans le futile. Une façon plus sereine de naviguer. » Le site Slow Surf, fait en français par des Français comme son nom ne l’indique pas, propose une foule de tips pour verdir notre passage dans le World Wide Web, comme opter pour la multiprise, utiliser les favoris, privilégier les transferts par clé USB et éviter de vérifier ses courriels ou son compte Facebook toutes les trois minutes…

Bon, je vous aurais bien mis ici un petit vidéo sympa, mais je dépasse déjà mon quota d’émission CO2 pour aujourd’hui…